#24. La guerre est une ruse - Frédéric Paulin.

by - juin 18, 2022

       "Si tu te tais, tu meurs, et si tu parles tu meurs, alors dis et meurs."





-Auteur : Frédéric Paulin.

- Maison d'édition : Agullo.

- Année de parution : 2018.

- Nombre de pages : 369.




Résumé

Algérie, 1992. Une poignée de généraux, les "janviéristes", ont pris le pouvoir. L'état d'urgence est déclaré, les islamistes pourchassés ont pris les armes. Le pays sombre dans une violence sans précédent... Tedj Benlazar, agent de la DGSE, suit de près les agissements du tout-puissant service du renseignement militaire, le sinistre DRS qui tire toutes sortes de ficelles dans l'ombre. Alors qu'il assiste à l'interrogatoire musclé d'un terroriste, Tedj met au jour des liens contre-nature entre le DRS et les combattants du GIA. Quel jeu jouent donc les services secrets avec ces fanatiques ? Les massacres quotidiens sont-ils l'oeuvre des uns ou des autres ? Ou d'une instrumentalisation diabolique des seconds par les premiers ?


Mon avis : 

Un polar, un thriller, un roman noir ou d'espionnage... peu importe le qualificatif que vous lui octroierez, il y a un peu ou beaucoup de chacun dans cet ouvrage aux vertus historiques et pédagogiques.

L'auteur profite de ces vies dont l'histoire avec une minuscule se heurte à celle avec une majuscule, pour nous "expliquer" l'incroyable imbroglio qui plongea l'Algérie des années quatre-vingt-dix dans une violente et sanglante guerre civile qui fit un nombre de victimes dont les chiffres varient entre 150 et 700 000 morts.

Le pouvoir Algérien ayant organisé en décembre 1991 des élections législatives, le FIS ( Front islamique du salut ) parti politique créé en 1989 par des islamistes tels Abbassi Madani, Hachemi Sahnouni, Ali Belhadj, Said Guechi, Adelbaki Sahraoui, et Kamel Guemazi ( que l'on retrouve dans le roman ), se trouve après le premier tour du scrutin sur le point de remporter les élections en question.

L'armée ( au pouvoir depuis l'indépendance ) prend peur, et au prétexte du danger du basculement du pays en un État islamique dont la constitution serait remplacée par la charia, priverait en plus les militaires des fruits de la manne du pétrole et du gaz... les élections sont annulées et le FIS dissout en mars 1992.

Le FIS devenu hors la loi, paria, ses militants traqués, arrêtés, torturés, exécutés, devient une organisation clandestine et "terroriste".

L'armée pour se refaire "la cerise", se donne le beau rôle en se présentant comme le seul rempart à l'islamisme et à sa terreur.
Des escadrons de la mort sont créés.
Des camps de concentration "secrets" sont ouverts dans le Sud Algérien.
« Les massacres collectifs de cette année se sont déroulés dans…. Sont-ils l'oeuvre du GIA (groupe islamique armé), d'escadrons de la mort ? Comment expliquer la non-intervention des soldats de l'armée nationale populaire ? Ces doutes ont vite laissé place aux accusations.

Pour cela, il faut qu'elle sème elle-même la terreur, en la faisant endosser par le FIS et le GIA.

Voilà un roman comme je les aime. Totalement ancré dans une époque historique dure et violente et dans laquelle il est parfois difficile de déterminer qui sont les bons et les méchants si tant est que l'on puisse être aussi manichéen. Les bons infiltrent les méchants et vice-versa, chacun ensuite doit donner des gages de confiance en faisant preuve de violence.


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